Rentrons donc dans un vif du sujet, à savoir les problèmes divers liés au volume des commandes. D’ailleurs, on m'a demandé conseil à ce sujet cette semaine.
Vous savez que les traducteurs sont payés au mot (éventuellement à la page et beaucoup moins fréquemment à l’heure). Or, cette unité de valeur est aussi une unité de mesure… Quand je me lève le matin, et bien que je sois traduct’heure, je raisonne en nombre de mots - et non d'heures - « à faire », ce qui, selon la difficulté du document, la fatigue et l’hum’heure du jour, les tâches annexes et connexes, peut varier du tout au… beaucoup moins que prévu.
Lorsqu’on reçoit une commande, le client nous en indique le volume (en mots), ce qui nous permet de faire le devis (coût et délai de livraison) et d’organiser le travail. Certains programmes sont munis d’un outil qui calcule automatiquement le nombre de mots d'un document. D’autres pas… Dans ce cas, on base la commande sur un volume approximatif, mais l’approximatif se fait parfois abusif. Et c’est là qu’entrent en jeu les commandes-piège et les agences, volontairement ou non, ment’heures. Je me dis souvent qu’elles oublient de passer un spray volumat’heure sur le nombre de mots qu'elles indiquent lors la commande.
Ces jours-ci, donc, je travaille sur un fichier pdf et voilà qu'encore une fois, je suspecte l'agence de m'avoir annoncé un volume bien inférieur au volume réel final (que je calculerai grâce à mon outil dans Word). Vous me direz : « et tu ne pouvais pas t’en rendre compte avant ? », ce à quoi je réponds que c’est à l’agence de préparer les termes de la commande et que si je devais vérifier à chaque fois, je serais complètement méfiante et clientophobe…
Même si, dans ce genre de cas, le client paye au traducteur les mots « finaux » et, par suite, tous les mots traduits , je trouve que ça nuit beaucoup à l’organisation et la qualité du travail et oblige souvent à mettre les bouchées (ou mots !) doubles à un moment donné pour finir à temps.
Ces mots supplémentaires sont sans doute plus reconnus, admis et rémunérat’heures que les heures supplémentaires dans un travail salarié, mais ils sont complètement, puisque c'est d'actualité, imposables (et imposés), subliminaux (mais en rien sublimes)...
Quelle chipot'heure cette traduct'heure…