06/10/2007

De ma composition…

Je traduis donc ce week-end une note financière pour une banque britannique.
On y parle de politique monétaire et du rôle des différentes banques centrales.

Le titre d’une partie annonce : « Follow – or resist – the leader » (en anglais dans le texte), que je décide de traduire par « Suivre le chef d’orchestre, ou résister »…

Je trouve que « leader » prend des connotations trop idéologiques et puis, même si son emploi est justifié dans certains cas, je poursuis ma campagne de lutte contre l’appauvrissement du langage…
Je sais que je prends un risque puisque ce sont les américains qui appellent leader le chef d’orchestre.
Mais, c’est trop tentant. La phrase suivante est, en effet, celle-ci : « Other central banks might be obliged to follow suit. », que je rends par « D’autres banques centrales pourraient bien être obligées de marcher à la baguette. »

Après tout, l’entité visée est la Réserve fédérale américaine, donc je me dis que le clin d’œil à l’American English peut être compris… Et puis n’a-t-on pas l’impression que c’est elle qui orchestre l’économie mondiale ???

Complainte des week-ends laborieux…

Ah les notes financières du week-end…
Malgré la pause estivale, elles se sont presque institutionnalisées et voilà qu’il faut s’organiser. J’essaye maintenant d’alléger la semaine en conséquence, encore que ça ne soit pas chose aisée…
De toutes façons, ça fait bien quelques années maintenant que le week-end ne va plus de soi et qu’il est souvent laborieux. Et bizarrement, je râle plus qu’avant… Sans doute parce qu’au début, je savais bien que je gagnais là une bonne occasion de faire mes preuves, profitant des désirs de week-ends oisifs formulés par mes collègues présents depuis plus longtemps sur le marché. Mais je ne râle pas forcément parce que je dois travailler quand les autres font relâche. Non, c'est même agréable... Pas de sonneries de téléphone lancinantes, pas de demandes de devis dans ma boîte mail, et la sensation d’être en marge, de pouvoir se détacher de la notion traditionnelle de temps libre/temps de travail. Ma doléance porte davantage sur le fait de ne pas pouvoir m'octroyer facilement de relâche. En effet, certains clients ne comprennent pas que je prenne un jour de libre dans la semaine. « Je vous ai appelé chez vous et vous n’y êtes pas… » « Quand même, un mercredi, je pensais que… ».

Bien sûr, je pourrais instaurer un calendrier plus strict et indiquer d’emblai « nos horaires d’ouverture sont de... à..., du … au … ». Oui mais voilà, les traductions du week-end ne sont plus forcément systématiques ou du moins pas systématiquement prévisibles (y’en a-y’en a pas-y’en a à nouveau-y’en a plus)...

Du coup, il faut pratiquement refaire son planning au jour le jour et je ne peux pas tous les matins prévenir tous mes clients d’une éventuelle RTT (Récupération d’une tonne de traductions). Dernièrement, j’utilise donc en veux-tu, en voilà les réponses automatiques de mes messageries électroniques où j’indique mon indisponibilité. Ça permet aux clients de savoir tout de suite à quoi s’en tenir. D’ailleurs certains l’ont qualifié de bonne manière… Seulement voilà, le motif de mon indisponibilité est toujours une surcharge de travail.

À quand les week-ends, même en milieu de semaine !!