11/09/2007

Des agences de traduction qui jouent les ment’heures sur les volumes

Rentrons donc dans un vif du sujet, à savoir les problèmes divers liés au volume des commandes. D’ailleurs, on m'a demandé conseil à ce sujet cette semaine.

Vous savez que les traducteurs sont payés au mot (éventuellement à la page et beaucoup moins fréquemment à l’heure). Or, cette unité de valeur est aussi une unité de mesure… Quand je me lève le matin, et bien que je sois traduct’heure, je raisonne en nombre de mots - et non d'heures - « à faire », ce qui, selon la difficulté du document, la fatigue et l’hum’heure du jour, les tâches annexes et connexes, peut varier du tout au… beaucoup moins que prévu.

Lorsqu’on reçoit une commande, le client nous en indique le volume (en mots), ce qui nous permet de faire le devis (coût et délai de livraison) et d’organiser le travail. Certains programmes sont munis d’un outil qui calcule automatiquement le nombre de mots d'un document. D’autres pas… Dans ce cas, on base la commande sur un volume approximatif, mais l’approximatif se fait parfois abusif. Et c’est là qu’entrent en jeu les commandes-piège et les agences, volontairement ou non, ment’heures. Je me dis souvent qu’elles oublient de passer un spray volumat’heure sur le nombre de mots qu'elles indiquent lors la commande.

Ces jours-ci, donc, je travaille sur un fichier pdf et voilà qu'encore une fois, je suspecte l'agence de m'avoir annoncé un volume bien inférieur au volume réel final (que je calculerai grâce à mon outil dans Word). Vous me direz : « et tu ne pouvais pas t’en rendre compte avant ? », ce à quoi je réponds que c’est à l’agence de préparer les termes de la commande et que si je devais vérifier à chaque fois, je serais complètement méfiante et clientophobe…

Même si, dans ce genre de cas, le client paye au traducteur les mots « finaux » et, par suite, tous les mots traduits , je trouve que ça nuit beaucoup à l’organisation et la qualité du travail et oblige souvent à mettre les bouchées (ou mots !) doubles à un moment donné pour finir à temps.

Ces mots supplémentaires sont sans doute plus reconnus, admis et rémunérat’heures que les heures supplémentaires dans un travail salarié, mais ils sont complètement, puisque c'est d'actualité, imposables (et imposés), subliminaux (mais en rien sublimes)...


Quelle chipot'heure cette traduct'heure…

5 commentaires:

Tony Tornado a dit…

Oh, chou! Je viens de me dépuceller!

C'est bien ça, toujours agréable. Bienvenue dans la blogsophère, on y est bien une fois qu'on trouve sa place...

Tu sais qu'il y a une façon de passer un .pdf en .txt et de là, compter les "maux"? Eh oui. Mais bon, ne me demande pas comment on fait, je saurais pas te dire là tout de suite...

Nos leemos!

Bikachus

Béa-trice a dit…

Intéressant en effet, mais certains fichiers image (comme les docs juridiques scannés) ne donnent pas de très bons résultats. Et puis l'agence a plus de moyens que moi pour investir dans ce genre d'outils... D'autre part, ça n'est pas facile, en solo, de résoudre tous les problèmes et on aimerait un peu de bonne volonté de la part de tout le monde...
Cela dit, je vais me renseigner à nouveau sur le sujet. Merci !

Béa-trice a dit…

Bon après vérification, j'ai pu me procurer Verypdf, un petit programme bien utile qui conserve le texte, le format, les illustrations... Ce qu'on attendait tous...

PLB a dit…

hi there!
help help o secours... j'ai besoin de renseignements d'une pro!
j'ai decroché un job en trad bien que je n'ai ni experience ni diplôme.. (seulement) brit, bilingue, et 25 années de français et anglais quotidien. Sans me vanter je crois ne pas être trop mauvais... MAIS mon employeur veut 1000 mots/heure français vers l'anglais en étant obligé de passer un temps FOU à faire le ménage en même temps sur les ANERIES que sort un logiciel de "traduction" (joke)... J'arrive à tourner dans les 800 mots avec un anglais "clean". En prime il y a pas mal de termes architecturaux hyper-spécifiques ... Avant que je ne pête les plombs pourriez-vous me dire si mon boss rêve ou bien si je cauchemarde... Thanks a million
Simon

Béa-trice a dit…

Bonjour Simon,

J'ai l'impression que tu es tombé sur un client gourmand... Normalement les agences calculent les délais sur une base de 2500 à 3000 mots/jour... Bien sûr, on avance plus vite sur certains dossiers selon que l'on maîtrise bien le sujet, que l'on est très en forme ces jours-là, que l'on a rien d'autre à gérer (devis, factures, etc.)
A ce rythme-là, j'espère que ton client comprend que t'as pas le temps de peaufiner et qu'il ne peut te l'exiger. C'est "grands volumes" contre "haute qualité"... Personnellement, je ne travaille pas très vite et je peux t'assurer quue je ne traduis jamais 1000 mots/heure.
Les logiciels peuvent aider à gérer les répétitions et les similitudes, mais ça ne doit pas non plus être une excuse... Malheureusement, dans de nombreux cas, les "prétraductions" sont à retraduire complètement et le client n'en tient compte ni en fixant le délai, ni en déterminant le tarif (il est même capable de te rémunérer au tarif révision/relecture !!!). et puis quand on te propose un travail de traduction avec une partie prétraduite par logiciel ou de relecture, on n'est jamais sûr, sans voir vu le fichier, de la qualité... On peut demander à voir, mais on doit souvent donner une réponse rapide et ça ne laisse pas toujours le temps de mesurer l'étendue des dégats...

Si tu pouvais parler avec lui et s'il pouvait atterrir, ce serait préférable mais je suppose qu'avec cette commande, c'est trop tard car vu ton stress, ce n'est pas une tâche facile. Essaye de bien définir pour les prochaines fois ce que tu te sens capable de faire (domaines et volumes) et d'imposer aussi ton rythme. Un client sérieux devrait en tenir compte. Actuellement, les agences sont souvent obligées de répartir les dossiers entre plusieurs personnes, quitte à ce qu'une personne se charge de l'harmonisation finale de la terminologie pour ne pas nuire à la cohérence et qualité de l'ensemble... Je sais qu'il n'est pas évident de se faire une place, mais tu te rends déjà compte, je crois, qu'un rythme de dingue et les commandes impossibles nuisent gravement à la qualité de la traduction et ta qualité de travail (voire de vie)

Bonne continuation !